Lettre à l’honorable Rob Nicholson sur la résolution du CDH sur la violence faite aux femmes

Le 8 juin 2015

L’honorable Rob Nicholson, C.P., C. R., député
Ministre des Affaires étrangères
Chambre des communes
Ottawa, ON K1A 0A2

Monsieur le Ministre,

Je vous écris au nom de l’Association canadienne des parlementaires pour la population et le développement (ACPPD), regroupement de députés et de sénateurs de tous les partis politiques fédéraux ayant à cœur les enjeux de population, de santé, d’autonomisation des femmes et de développement international.

Nous tenons tout d’abord à féliciter le gouvernement du Canada des efforts qu’il déploie pour améliorer la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, pour lutter contre les mariages d’enfants, précoces et forcés (MEPF) et pour contrer la violence sexuelle lors de conflits armés. Ces trois objectifs, parmi d’autres, placent le Canada en tête de peloton eu égard aux sommes non négligeables qui y sont consacrées et à la mobilisation de la communauté internationale pour de meilleures politiques.

Le Canada préside notamment les négociations entourant la résolution annuelle sur la violence faite aux femmes qu’adoptera le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Par le passé, notre pays a piloté une meilleure protection des femmes contre la violence, et la résolution de cette année se penchera sur la violence familiale exercée à l’endroit des femmes et des filles par un partenaire intime ou un membre de la famille.

La violence familiale est très répandue. Selon l’Organisation mondiale de la santé, près du tiers des femmes de partout sur la planète sont agressées par leur partenaire intime. Pour sa part, l’UNICEF estime que 130 millions de femmes ou de filles en sont victimes dans les 29 pays qui la recensent. La violence familiale a de graves conséquences sur la santé physique et mentale des femmes et des filles, que reflètent les statistiques de morbidité et de mortalité maternelles.

Au chapitre des gestes concrets que devraient poser les États pour contrer la violence familiale, permettez-nous de vous suggérer d’incorporer les éléments qui suivent au libellé de la résolution :

  • L’adoption et la mise en œuvre de lois interdisant toute forme de violence familiale à l’endroit des femmes, y compris le viol conjugal, ainsi que de campagnes de sensibilisation – surtout des femmes et des filles – à ces lois;
  • La modification tant des normes de masculinité et de contrôle de la sexualité féminine que des traditions culturelles et sociales qui briment les femmes et les filles (dont les MEPF);
  • L’établissement de pratiques intégrées de prévention, de détection et de punition de toute forme de violence familiale à l’endroit des femmes; et
  • La prestation de services d’aide, de compensations et de correctifs aux femmes victimes de violence familiale (notamment foyers d’accueil, protection, aide juridique, emplois, ainsi que soins de santé post-traumatiques comprenant médicaments abordables, sans risques et de qualité, services d’avortement, aide d’urgence, traitement de blessures, soutien psychosocial et mental, contraceptifs d’urgence, soins prophylactiques aux séropositives, diagnostic et traitement d’infections transmises sexuellement, formation de professionnels de la santé à la détection et au traitement des victimes de violence familiale, et expertise médicolégale).

Le gouvernement du Canada s’est déjà engagé dans la lutte contre la violence faite aux femmes en demandant la collecte de données désagrégées en fonction du sexe, en créant la Journée internationale de la fille, en copilotant avec la Zambie la résolution des Nations Unies sur les MEPF et en obtenant des autres membres du G7 l’engagement de consacrer plus de 7 G$ de 2010 à 2015 à la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants. Nous encourageons le gouvernement à poursuivre dans cette voie et à davantage appuyer les initiatives précitées, tant au Canada qu’à l’étranger.

Nous demeurons à votre disposition pour vous rencontrer afin de discuter plus avant du libellé de la résolution.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre respectueuse considération.

Rathika Sitsabaiesan, au nom du comité de direction de l’ACPPD

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